La Peste et la Vigne: Le Cycle de Syffe (2018)

Editeur: Au Diable Vauvert (11 septembre 2018)
Pages: 513 pages
Format: ePUB, PDF, Doc, TXT, MP3
Langue: Français
Descriptions de livres
« Un univers médiéval fantasmé d’une très grande richesse. De haute volée. »
Tzeentch – Elbakin
« Une écriture sublime qui n’a rien à envier à Hobb ou Rothfuss. Fans et non-fans du genre, foncez les yeux fermés. »
Robin Bouder – Actualitté
« Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vécu en fantasy semblable mélange d’admiration technique et d’émerveillement émotionnel. »
Hugues Robert – Charybde
« Dewdney est le porte-étendard d’une génération dorée de jeunes auteurs qui dépoussièrent le genre. »
Lloyd Chéry – Le Point Pop
« Dans L’Enfant de poussière, on trouve du George Martin et du Robin Hobb mais aussi une saveur nouvelle, de liberté et de vent frais soufflant sur une œuvre hors du commun. »
Paco Vallat – Un dernier livre avant la fin du monde

Commentaires

En mai dernier, Patrick K. Dewdney faisait une entrée fracassante dans le milieu de l’imaginaire français avec L’Enfant de poussière, premier volume d’un ambitieux cycle de fantasy en sept volumes.
L’auteur d’Écume et de Neva poursuit le chemin de son héros, le jeune Syffe avec ce second volume sobrement intitulé La Peste et la Vigne. Toujours publié Au Diable Vauvert et superbement illustré par la talentueuse Fanny Etienne-Arthur, ce deuxième opus pose la question cruciale que tous les lecteurs enchantés par le premier roman se posent : le Cycle de Syffe tient-il toutes ses promesses ?

Replaçons les choses dans leur contexte tout d’abord.
Nous quittions Syffe dans une situation périlleuse à la fin de L’Enfant de Poussière. Vaincu par les Carmides à la bataille de la Passe d’Aigue, le jeune garçon avait vu la mort de son mentor, le guerrier-Var Uldrick et l’effondrement de ses dernières illusions lors de sa capture par l’ennemi, laissant ainsi filer la chance d’une autre vie accordée par le mystérieux Pérégrin auprès de son amour de jeunesse Brindille et du peuple Kétois. La Peste et la Vigne reprend (presque) directement à la suite de ces tragiques événements. Condamné au bagne dans les mines Carmides, Syffe a passé cinq ans à gratter la roche. Une grande menace pèse cependant sur la Péninsule : la peste Marquaise. L’arrivée de ce nouveau fléau qui fait fi des peuples et des richesse va permettre à Syffe de prendre le chemin des montagnes enneigées et d’affronter son destin.

“Il me semble que l’on n’est jamais grand-chose de plus que ce que les autres disent de nous.”
Comme son illustre prédécesseur, La Peste et la Vigne est une découverte du monde de Syffe. Une nouvelle fois, le jeune garçon devenu entre temps jeune homme se retrouve sur les routes et va rencontrer de nouveaux peuples, de nouveaux dangers et de nouvelles injustices. Patrick K. Dewdney capitalise sur les points forts de son précédent ouvrage, à savoir son style toujours aussi sublime dont la capacité descriptive n’a d’égale que la prodigieuse vastitude de son vocabulaire, mais aussi et surtout sur l’authenticité des sentiments que ressent le lecteur devant le chemin semé d’embûches de Syffe. La Peste et la Vigne trimbale Syffe d’une catastrophe à une autre — la maladie, la guerre, la misère — et se délecte de la rencontre avec l’autre.

Dans ce second volet, le lecteur fera la connaissance de deux nouveaux peuples. Le peuple caché des montagnes, les Arces, qui donne l’occasion à Syffe de rencontrer une nouvelle forme de foi et de croyances tout en restant assez proche de la structure sociale des nations traditionnelles qu’il a connu par le passé. Ce sont eux qui permettent à Patrick K. Dewdney de venir renforcer les mythes et légendes qui parsèment son univers tout en parlant de la condition féminine à travers le personnage de Bréanna. Bien plus tard, l’adolescent fera la connaissance des mystérieux Feuillus et de leurs alliés Ketoï dans une atmosphère mystique où Syffe rencontre le religieux et où son conditionnement Var se voit soumis à rude épreuve. Parmi cette civilisation quelque part entre les Elfes Sylvains et les Mayas, notre héros devra choisir qui il est vraiment.

Entre deux, Patrick K. Dewdney dissémine des pistes de réflexions sur la hiérarchie sociale, confronte Syffe à un noble désœuvré devant le refus de celui-ci d’accepter ses largesses, redéfinit la notion de respect et d’autorité, fait de son héros un témoin de l’objectification des femmes à travers Bréanna, princesse-objet triste et solitaire, mais aussi à travers Brindille, son mirage-espoir qui s’est consumée à force d’être consommée, et toutes ces putains, servantes et autres filles de réconfort qui jalonnent le chemin de sa guerre au cœur de la forêt. Car, oui, La Peste et la Vigne raconte aussi une guerre. Pendant les cinq ans de captivité de Syffe, le monde s’est entre-déchiré, Colinne et Bourre poursuivent leur bain de sang tandis que le pays des Vars semble se disloquer au loin. Ce n’est pourtant pas dans ces conflits que se retrouve notre héros mais dans celui qui oppose mercenaires du Vaux et Feuillus.

Ici, Patrick K. Dewdney quitte un tantinet sa découverte des peuples et légendes (quoique…) pour se concentrer sur la guerre au jour le jour sur un terrain hostile bien différent de celui du précédent opus. Merveilleux moment d’ambiance mais également plongée passionnante dans le monde des mercenaires qui n’est pas sans rappeler le bon souvenir de La Compagnie Noire de Glen Cook, l’épopée guerrière de Syffe voit cette fois un garçon mature témoin de l’horreur et de la violence, du saccage de la nature et de l’animal en même temps que la déchéance de l’homme. Comme toujours, Patrick K. Dewdney ne fait pas dans l’angélisme. Syffe ne croit pas en un monde paisible et manie la violence comme il l’entend, servant ses desseins et tentant de protéger ceux qu’il affectionne par la même occasion.

Mais au-delà de la guerre et de la poursuite d’une épopée d’un enfant que l’on devine déjà légende, La Peste et la Vigne confronte le tangible à la croyance, l’art du doute à la foi sans doute. Patrick K. Dewdney s’interroge ici sur le fait religieux et, au-delà, la dimension métaphysique de son jeune héros, comparant la Pradekke enseignée par les Vars (sorte de Zététique à la sauce fantasy en somme) au pouvoir de la fameuse Déesse des Ketoï qui intrigue tant Syffe depuis les débuts de son aventure. Sans déflorer l’intrigue et les surprises réservées par l’auteur, on sent ici que la religion pourrait bien être un insidieux poison pour l’homme et l’opium de tout un peuple. Décidément, le monde de Syffe, tout fantasy qu’il est, semble bien proche du nôtre par certains côtés.

Si L’Enfant de poussière était une promesse, La Peste et la Vigne est un vœu exaucé, celui de la naissance d’une voix saisissante de clarté et d’authenticité dans le panorama de l’imaginaire français. Passionnément humain mais surtout impitoyablement réaliste, La Peste et la Vigne replonge son lecteur dans une aventure finement cadencée qui se dévore sans fin. Pour en savoir davantage à propos de celle-ci, il faudra patienter au moins jusqu’au troisième tome…
On trépigne déjà !


5/5

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