Le Roman de la momie (2011)

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Pages: 219 pages
Format: ePUB, PDF, Doc, TXT, MP3
Langue: Français
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Le roman de la momie /Théophile Gautier
Non loin du Nil, dans la vallée des Rois où ils sont arrivés à bord d’une cange sur laquelle ils ont temporairement élu domicile, le jeune, riche et bel homme, Lord Evandale et le docteur Rumphius, célèbre égyptologue allemand, font la découverte, après avoir parcouru nombres d’hypogées et observé maintes syringes, d’un tombeau inviolé avec leur guide Argyropoulos, un grec hâbleur et spéculateur.
Fait singulier, ce tombeau occupant un sarcophage royal au milieu d’un palais cryptique, est celui d’une femme. Le docteur Rumphius se charge de défaire délicatement les bandes de la momie et le dernier obstacle enlevé, « la jeune femme se dessina dans la chaste nudité de ses belles formes, gardant, malgré tant de siècles écoulés, toute la rondeur de ses contours, toute la grâce souple de ses lignes pures. Sa pose, peu fréquente chez les momies était celle de la Vénus de Médicis : l’une de ses mains voilait à demi sa gorge virginale, l’autre cachait ses beautés mystérieuses, comme si la pudeur de la morte n’eût pas été rassurée suffisamment par les ombres protectrices du sépulcre. »
C’est alors que le docteur découvre un rouleau de papyrus caché contre le flanc de la momie. Une fois rentrés en Europe avec le sarcophage et son contenu, le docteur met trois ans pour déchiffrer le papyrus qui raconte l’histoire de la momie.
Tahoser, c’est le nom d’une jeune égyptienne, fille du grand prêtre Pétamounoph dont la momie repose dans un riche tombeau. À ses côtés la suivante favorite Nofré à qui plait le jeune chef militaire Ahmosis qui, lui, aime Tahoser qui ne l’aime pas ! Nofré prépare Tahoser pour la grande cérémonie qui va se dérouler en l’honneur du retour victorieux de Pharaon, favori d’Ammon-Ra, qui est allé guerroyer et rapporte un immense butin. Modérateur de la région de Thèbes, roi-soleil, il est aussi un concultateur des peuples. Elle lui ajuste sa calasiris, lui peint les ongles, la couvre de bijoux, la parfume. Un cérémonial bien étudié et respecté en l’honneur de Pharaon bien-aimé d’Ammon-Ra, qui a son nom écrit dans des cartouches sur des monuments impérissables et son histoire sculptée et peinte sur les murs des salles hypostyles, sur les parois des pylônes en interminables bas-reliefs, en fresques sans fin. Après la musique arrivent les captifs barbares, puis les jeunes filles pauvres filles arrachées à leur patrie, à leurs parents, à leurs amours peut-être…Mais la beauté est sans bornes et la faveur royale guette peut-être ces captives barbares dans les profondeurs secrètes du gynécée. Défilent ensuite les prêtres puis les chefs militaires, suivis des esclaves et des belluaires avec leurs panthères et autres guépards.
Pharaon parvenu à son palais, « de belles esclaves nues dont le corps svelte offrait le gracieux passage de l’enfance à l’adolescence, les hanches cerclées d’une mince ceinture qui ne voilait aucun de leurs charmes, une fleure de lotus dans les cheveux, une buire d’albâtre rubané à la main, s’empressaient timidement autour du Pharaon, et répandaient l’huile de palme sur ses épaules, ses bras et son torse polis comme le jaspe. »
À quelques pas de là, Tahoser se morfond d’amour sur sa couche pour Poëri l’Hébreu, dont la célèbre beauté est plus celle d’un dieu que d’un homme, et décide de fuguer. Se faisant passer pour une pauvre fille, se disant que ce que le luxe n’a pu faire, sa misère le pourra peut-être, elle sollicite auprès de lui un emploi de servante, ses scrupules de vierge étouffés par la passion renaissant alors en présence de la réalité, alors que dans le fond de la pièce, « un canapé bas dont le bois était orné de feuillages et d’animaux chimériques, étalaient les tentations de son large coussin à la fatigue ou à la nonchalance. » Hésitante et en proie à moult pensées, « avec sa pudeur de vierge, elle se repentait de sa démarche et tantôt avec sa passion amoureuse, elle s’applaudissait de son audace. »
Ce qu’ignore Tahoser, c’est que Pharaon l’a remarquée lors du défilé de retour et ne pense plus qu’à elle pour garnir sa couche. En outre, elle découvre que Poëri aime Ra’hel, une Israëlite comme lui qu’il rejoint tous les soirs sur l’autre rive du Nil.
Enlèvement, séduction, Pharaon veut absolument Tahoser auprès de lui et lui offre tout ce qu’il possède, c’est à dire tout. Il s’écrie devant elle : « J’étais un roi, presque un dieu ; ô Tahoser ! tu as fait de moi un homme !...Va, viens, accoutume-toi aux magnificences pharaoniques, puise à même mes trésors, fait couler l’or à flots, sois ma maîtresse ; ma femme et ma reine. » Quant à elle, elle ose à peine lever les yeux, n’éprouve aucune sympathie pour lui, et l’idée de lui appartenir lui inspire une épouvante répulsive. À Pharaon qui a enlevé son corps, elle ne peut donner son âme restée auprès de Poëri. Pharaon n’a jamais connu un tel émoi et « la passion d’une autre n’a jamais fait palpiter son cœur d’airain dans sa poitrine marmoréenne. »
Entre en scène le chef des Hébreux, Moshé (Moïse) qui prie Pharaon de le laisser partir avec son peuple pour retrouver le pays de Canaan. Par amour pour Poëri, Tahoser tente d’infléchir Pharaon, en vain. Ce sera alors l’épisode bien connu des sept plaies qui frappent l’Égypte, la fuite au désert, le passage de la Mer Rouge au cours duquel Pharaon trouvera la mort. Tahoser deviendra reine mais mourra peu après et c’est sa momie que nos archéologues du début de l’histoire découvrent.

Théophile Gautier nous offre dans ce récit publié en 1858 une reconstitution flamboyante et fastueuse des cérémonies de l’époque, avec des descriptions très précises et étonnantes des us et coutumes d’alors. Fils de la Grèce antique et de la jeune France comme disait Hugo, Gautier est un fervent de la plastique gréco-latine, de la beauté dans la vie et dans l’art. En se livrant à une telle rétrospective de la civilisation égyptienne au temps des pharaons, Gautier retrouve là son idéal et sa raison de vivre dans le culte de l’art pour l’art.
Ce roman fut d’abord publié sous forme de feuilleton à partir de 1857 avec un immense succès en raison de la vague orientaliste de l’époque et du goût pour la splendeur de la civilisation égyptienne et les aventures du peuple hébreu.


5/5

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